Microtopies

· C H A N T I E R S P U B L I C S 4 E T 5 J U I L L E T 2 0 2 6

Chez les glaneuses

Collectif Green Resistance - Emma Morillon, Diana Léa Groud, Faustine Pellet & Camille Gaches

📍 Site : Plaine de l'Archevèque, Aniche

Chez les Glaneuses, une curieuse structure apparaît, elle prend vie grâce aux mains qui lui donnent forme, grâce au lien qu’elle tisse avec le territoire proche. Issue de la glane, empruntant aux parcelles boisées des brins de saules spontanés, la Microtopie invite à habiter un lieu public unique. Elle fait de cette matière vivante une matière à penser, et surtout à tisser, en tenant compte des écosystèmes existants.

La proposition émerge du désir de faire parler le territoire, de renforcer son caractère, loin de la standardisation des lieux publics, et d’activer les dynamiques du vivant sur la plaine de l’Archevèque. Elle repose sur l’association de l’architecture et du paysage en proposant une structure alliant les compétences (architecture, paysage, scénographie) et les savoirs faire de l’équipe (design textile, construction, jardin).

Comme une invitation, la composition suggère un parcours, avec des panneaux, qui s’échancrent et se tordent jusqu’à devenir courbes et former une arche : elle propose une nouvelle façon de découvrir le lieu. Le projet s’inscrit dans la transformation progressive de la plaine, alors qu’une étude de réaménagement au bénéfice des habitant·es est en cours.

Dans la ville d’Aniche, où la dimension du jardin apparaît dans les parcelles jardinées liées à l’histoire minière et l’engagement en faveur de la biodiversité, la Microtopie des Glaneuses pose un regard critique sur les objets de l’aménagement standardisé. Elle amène une autre lecture des grilles vertes qui uniformisent et ferment les espaces. En évoluant vers une forme organique, la grille vit, évolue et contribue à la fabrique du paysage.

Pour cette réinterprétation, il s’agit de tresser à la façon d’une clôture, mais avec une matière végétale ! Assembler des branches, c’est aussi tisser des liens, par le temps passé à faire ensemble. Les méthodes de tressage utilisées reposent sur des gestes accessibles, qui se transmettent à tous les publics, pour que l’appropriation soit possible par les plus et moins petits, les plus et moins agiles. 

Le dessin d’implantation de la Microtopie prend appui sur les équipements de la plaine, et invite à cheminer vers le terril. Sobre et évolutive, la forme reste libre de se transformer : si les tiges reprennent racines, l’installation verra sa croissance associée au déploiement du vivant végétal. Dans le cas contraire, l’évolution de la structure sera liée à la poursuite du tressage ou à la lente décomposition des tiges.

Le temps du festival forme un des maillons pour permettre l’appropriation des lieux publics, ainsi qu’un manifeste pour l’utilisation ou la réutilisation de matériaux vertueux, contre la normalisation des aménagements.

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