Microtopies

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Focus sur Micros Rebelles, une radio auto-gérée dans le bassin-minier

Créée en 2015, Micros Rebelles est une radio "libre et solidaire" autogérée et tient ses locaux dans la ville de Lens. Produisant de l'information d'actualité locale sociale, politique et culturelle avec un regard critique, la radio informe sur l'actualité avec un seul mot d'ordre : "proposer une information faite par, pour et avec les habitant·e·s du territoire, transmettre d'autres points de vue sur ce que vivent les classes laborieuses et précaires, documenter la réalité sociale du bassin minier."

Le samedi 4 juillet 2026, Micros Rebelles était présente au Louvre-Lens dans le cadre de Parc en Fête, un évènement qui se déroule tout l'été au Louvre-Lens et ce, jusqu'au 30 août 2026.

Pour l'ouverture de cette nouvelle édition de Parc en Fête, les jeunes de la mission locale de Lens-Liévin ont préparé une émission pour annoncer le programme et aller à la rencontre des intervenant·e·s et artistes proposant des ateliers et stands au public présent. Parmi elles et eux, les lauréat·e·s de la Microtopie Chapitong : Damien Favale et Majorie Besset.

Micros Rebelles et Microtopies : quand les petites idées se construisent à portée de main

Il n'y a pas que les noms qui se peuvent se confondre. D'un côté, une radio libre et autogérée du bassin minier du Pas-de-Calais, ancrée dans les luttes et les alternatives du territoire depuis plus de 10 ans. De l'autre côté : Microtopies qui a vu naître Chapitong, l'une des 6 micro-architectures construites dans les Hauts-de-France dans le cadre de la 5ème édition du festival.

Le Chapitong est né d'une idée simple : créer un espace où les visiteurs·euses puissent s'arrêter, se rencontrer et partager un moment. Pour Marjorie Besset et Damien Favale, tous deux architectes installé·e·s à Nantes, l'installation devait être bien plus qu'un simple abri. Inspirée par l'univers du chapiteau, la Microtopie évoque le voyage, le nomadisme et les lieux de convivialité, tout en s'inscrivant dans une démarche de réemploi.

Le choix des tongs comme matériau de couverture n'est pas un simple clin d'œil. Les deux architectes cherchaient un matériau imperméable, facilement assemblable et capable de produire une identité visuelle forte. Après plusieurs expérimentations, ils ont constaté que les tongs pouvaient être superposées comme des tuiles et constituer une toiture aussi fonctionnelle qu'inattendue.

« Nous avions envie de détourner un objet du quotidien pour lui donner une nouvelle fonction architecturale. »

La structure elle-même est réalisée à partir d'échafaudages réemployés. Cette logique de récupération traverse l'ensemble du projet, mais le Chapitong ne se résume pas à une démonstration de réemploi. Il a été pensé comme un véritable lieu de vie, destiné à accueillir les animations de Parc en Fête, mais aussi les visiteurs venus simplement s'abriter, discuter, pique-niquer ou observer le parc.

« Nous aimons créer des architectures qui deviennent des lieux de rencontre. Une installation ne prend vraiment vie que lorsqu'elle est investie par les personnes qui la fréquentent. »

Cette dimension collective se retrouve également dans le processus de fabrication. Avant même le montage de la structure, une collecte de tongs a été organisée. Pendant le chantier, les habitant·e·s ont ensuite été invité·e·s à participer à la composition de la toiture, en choisissant les couleurs et l'agencement des éléments.

« On ne construit pas seulement pour les gens. On construit aussi avec eux. »

Conçu spécialement pour le festival Microtopies et le parc du Louvre-Lens, le Chapitong constitue une expérimentation architecturale à part entière. Au-delà de son aspect insolite, il interroge la manière dont des matériaux ordinaires peuvent être détournés et devenir le support d'une œuvre collective, appelée à vivre tout au long de l'été au rythme des usages de ses visiteurs.

L'émission du 8 juillet 2026 de Micros Rebelles est à retrouver en cliquant ici !